Événement

PRIX DE L’EDITION POETIQUE DE LA VILLE DE DIJON 2026 à Yvonne LE MEUR-ROLLET

Poètes / Invités

Stephen BLANCHARD

Date(s)

07 mars 2026 à 15h00

Profil de l'événement

Tout public

Gratuit

Description

"Quatre jours en novembre"  d'Yvonne LE MEUR-ROLLET reçoit le prix de l'édition poétique de la ville de Dijon 2026. il est préfacé par le poète Jean-Marie CROS, le lauréat de 2025 et ce recueil sera publié gratuitement à 500 exemplaires ce qui est unique en France

 

Quand j’ai découvert « Quatre jours en novembre » un peu avant les fêtes de fin d’année, je me suis dit : « Quel beau cadeau de Noël nous offre Yvonne Le Meur-Rollet avec ce recueil ! »  Au fil des pages, l’auteure nous fait plonger dans un texte qui coule comme une rivière dont on ne sait d’où elle vient, et dont on ne peut prévoir la destination. Plus on avance dans la lecture, plus on quitte les eaux calmes pour assister à un feu d’artifice dont les explosions – celles du cœur et de l’esprit – continuent d’illuminer le ciel.

 Au cours de ces « Quatre jours en novembre », Yvonne Le Meur-Rollet gratifie le lecteur d’un recueil de poésie libre et narrative. N’y cherchez pas de rimes, de vers calibrés, de strophes structurées. Sa poésie ruisselle tout au long des lignes, dans une atmosphère dont elle détient la clé et qui vous transporte très vite hors des lieux et hors du temps. Elle utilise à bon escient tous les ressorts de l’écriture poétique : des allitérations qui glissent « au milieu d’un lac lisse » et qui font entendre un murmure discret, des images qui évoquent « des yeux qui riaient comme des mouettes… ». Elle nous sert des mots choisis « sur des lins damassés… » et ce sont « des festins » dégustés au bord « des prairies vertes comme l’enfance. ». Ce sont également de « bruissantes friandises » dont le texte regorge jusqu’à son terme et qui nous régalent de leur musique. Car la musique (la troisième entité de ce poème) est présente à chaque page, jouée par différents instruments dont on devine la présence. Elle accompagne et orchestre le rêve partout présent et qui se déploie en de multiples facettes jusque « sur des lagunes grises ou volent des flamants roses… ».

Cette douce et pénétrante poésie habille la narration d’une rencontre banale entre un homme et une femme. « Lui » est poète, « elle » est peintre. Dans un premier temps, « elle », l’artiste qui maîtrise les formes et les couleurs entrevoit une difficulté à communiquer : « elle ne sait pas que dire à un poète » même si elle s’intéresse également aux « mots ».

À la suite de leur rencontre improbable, une flamme va jaillir - d’abord chez elle - de l’esprit et de l’âme, alors qu’au départ « aucun des deux ne cherchait à séduire »… D’ailleurs « qui le trouverait beau ? »… Un amour va naître mais il restera « par peur et par pudeur » dans la sphère spirituelle, s’exprimant dans la production artistique de chacun avec une profonde inflexion de l’un vers l’autre. « Il » prendra une place dans ses peintures, « elle » sera présente dans ses écrits. Leur connaissance réciproque procède de l’intuition profonde qui s’impose comme une évidence. Dès le début, « elle l’a su », il a suffi d’un mot pour que l’esprit s’envole, pour que le cœur s’enflamme… Ailleurs on parlerait d’un coup de foudre, ici les choses prennent naissance dans la profondeur d’une âme éprise de beauté et d’absolu, et l’on assiste à une connaissance de l’un par l’autre : leurs mots et leur charge poétique sont les catalyseurs. Chacun ira vers l’autre, « elle peindra ses mots » tandis que « lui de son côté adoucirait peut-être le tuffeau des voyelles ».

Dès les premières lignes du recueil, quand « elle » découvre qu’« Il était le Poète… », la majuscule prend tout son sens : avec le Poète, c’est la Poésie toute entière qui entre en scène et qui vient à la rencontre de la Peinture. Celle-ci trouve ses moyens d’expression dans les formes, les couleurs et les compositions nées de sa palette et « de ses vieux pinceaux ». Le moi intérieur de l’artiste se dévoile dans ce « dérèglement raisonné de tous les sens » comme le préconise Rimbaud, et son talent confirme que les « couleurs et les sons se répondent » comme le souligne Baudelaire. La Poésie et la Peinture se rejoignent ici, l’une complétant l’autre dans son expression et venant au secours de l’artiste qui est limité par son incomplétude.

Ces « Quatre jours en novembre » nous offrent un incomparable hymne à l’amour : l’amour entre deux êtres, sublimé dans l’amour de l’Art et de la Beauté, un amour partagé et idéal où « les gestes qu’ils n’ont pas osés… ces amants qu’ils n’ont pas été » viennent encore rehausser la pureté de cette communion spirituelle venue tout droit d’un monde où le divin s’adresse aux hommes.

Jean-Marie CROS (Lauréat 2025)

j.marie.cros@orange.fr

 

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