Événement
NICOLE BARRIERE
AMAL BERRADA
MICHEL CASSIR
TRISTAN CASSIR
ASYA DJOULAÏT
ANNA LEBEDEVA
HANEN MAROUANI
ERIC SIVRY
WASSIM BEN CHAOUACHA, musicien ('oud)
FARIDA OUCHANI, lecture
FATIMA GUEMIAH, modération
Lieu de l'événement
Date(s)
Organisé par
Profil de l'événement
Tout public
Gratuit
Placée sous le patronage d’Isabelle Adjani, marraine de cette édition, et enrichie d’une collaboration inédite avec Reporters sans frontières, la manifestation s’inscrit dans une dynamique de dialogue entre création poétique et défense des libertés fondamentales.
Car la liberté est l’un des mots les plus précieux du lexique des poètes, peut-être le plus chargé d’histoire, le plus incandescent de sens. Depuis l’aube des civilisations, les poèmes de la liberté sont des cris, des appels, des prières ardentes ou des incantations, toujours liés aux soubresauts de l’histoire humaine.
Se libérer du poids des héritages et des aveuglements, redresser le corps courbé par l’oppression, oser lever la tête malgré la peur, tel fut le souffle qui traversa le célèbre poème de Paul Éluard, parachuté en 1942 par la Royal Air Force au-dessus des maquis résistants. Ce mot « Liberté » demeure aujourd’hui encore l’une des revendications les plus irréductibles des peuples confrontés aux violences, aux destructions et aux entraves, comme un hymne obstiné au déploiement de la vie.
Dans la poésie, la liberté parle aussi la langue simple de l’enfance, de la mer, de la solitude et de l’amour ; elle devient chant d’espérance universelle, engagement pour la paix, mais également parole de colère et d’indignation face à l’injustice.
De Spartacus à Toussaint Louverture, héritier des Lumières, d’Olympe de Gouges à Aimé Césaire, figure majeure de l’anticolonialisme, la quête de liberté traverse les siècles et les continents. Elle trouve dans le monde arabe une voix incomparable en la personne du poète palestinien Mahmoud Darwich, dont l’œuvre a su faire de la parole poétique un territoire intérieur de résistance, d’exil et d’espérance.
Tant de noms se pressent parmi ces éveilleurs de conscience que sont les poètes et les artistes, ceux qui ont risqué leur liberté, parfois leur vie, pour défendre la liberté d’expression, de pensée, de mouvement et de dignité humaine.
Partout sur la planète, le mot liberté résonne avec la voix des poètes en quête d’un horizon ouvert. Car la poésie n’est jamais séparée de la vie : elle en est l’acte le plus total, le plus exigeant. Elle jaillit du feu primordial de l’être pour déchiffrer le monde, appelle passion et désir, éclaire la part la plus lumineuse de chacun, dans la solitude comme dans le partage.
Nombre de poètes ont payé de leur personne cet engagement : Villon, Verlaine ou Victor Hugo connurent l’exil ou l’emprisonnement ; Nazim Hikmet, Federico García Lorca, Pablo Neruda, Forough Farrokhzad, Ahmad Shamlou, Sayd Bahodine Majrouh, Breyten Breytenbach, ainsi que Kateb Yacine, Mahmoud Darwich ou Abdellatif Laâbi affrontèrent la censure, la dictature ou la persécution. Tous rappellent que la liberté demeure un droit inaliénable de l’humanité, et que la poésie est l’un des lieux où ce droit se rêve, se proclame et se transmet.
Car la liberté, dans la poésie, est aussi un héritage vivant. Elle circule d’époque en époque, de génération en génération, de langue en langue, invitant chacun à connaître, penser, dialoguer et rencontrer l’autre dans sa pleine humanité.
C’est à cette expérience sensible et universelle intitulée « Liberté, la parole des deux rives » que la bibliothèque de l’Institut du monde arabe vous convie le dimanche 22 mars 2026, pour célébrer ensemble cette nouvelle édition du Printemps des poètes dans un moment de partage où les mots, affranchis des frontières, déploieront leur force vive pour dire l’essentiel, la dignité de l’être humain et la puissance indomptable de la liberté.