Événement
Ubah Cristina ALI FARAH
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Tout public
Réservation obligatoire
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Au tout début, il y eut le projet de l’exposition d’œuvres de la peintre Marie Nivouliès (1879-1968) au musée de l’Abbaye.
Mais la vie d’artiste n’est pas forcément simple et la date de cette exposition dut être décalée dans le temps. Et la recherche littéraire que nous avions menée en amont, à partir des prémisses de l’exposition des œuvres dut s’ouvrir à d’autres hypothèses. La seule mise en abyme des parcours de ces femmes artistes de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième siècle ne suffisait pas. Pour enrichir le propos, on aborda les lectures mêlées du monde occidental, oriental, extrême-oriental, entre colonisation, féminisme naissant, deuxième guerre mondiale, industrialisation, indépendances. Nous sentirons des contradictions profondes entre féminisme libérateur et vision colonialiste, adoubement forcé aux puissances militaires et patriarcales mais solidarité avec les peuples découverts. Ces tensions seront pour partie dénouées par la génération d’artistes d’après-guerre, consciente car parfois aussi victime de ces pouvoirs aliénants, et ainsi mieux aptes à écrire dans un souffle libérateur, tant en direction des femmes que des hommes.
Nous entendrons aussi des extraits de voix de femmes d’aujourd’hui, au mitan des cultures africaine et occidentale : femmes écrivaines, ethnographes, archéologues, anthropologues qui s’aventurèrent entre autres en Mauritanie, Syrie, Perse, Indochine, Algérie : Odette du PUIGAUDEAU, Vita SACKVILLE-WEST, Jane DIEULAFOY, Gertrude BELL
Puis la deuxième guerre mondiale éclatera et viendra enfin le temps de la décolonisation, du mouvement de libération des femmes.
Ubah Cristina ALI FARAH, auteure italo-somalienne née en 1973 donnera à l’exposition RÉSONANCES une vision imprévue de la décolonisation en écho à la peintre Marie NIVOULIES et aux récits des voyageuses du désert.
Elle nous dira les populations migrantes qui « disséminées aux quatre vents telles des spores, renaissent ensuite dans des lieux inattendus, engendrant de nouvelles existences dans leur environnement, revivifiant non seulement leurs propre être mais également le monde nouveau dans lequel elles s'enracinent».
Dans une seconde partie de soirée, du fond de l’Asie, Marguerite DURAS avancera dans des failles identitaires douloureuses mais libératrices. Le féminisme a déjà mordu dans les esprits et c’est l’émergence d’une création féminine à part entière, capable de s’émanciper des tutelles patriarcales et de porter un regard critique aidant à l'émancipation pour tous les sexes ... et pays.
La parole d’Hélène CIXOUS, à travers le documentaire de Gérard MOREL "EVER,RÊVE, HELENE CIXOUS", zadig production, dira aussi le trouble des identités brisées, mêlées, d’une Europe brulée par la SHOAH, la fuite des Juifs, le rapatriement des « pieds-noirs » d’Algérie en France et les difficiles mélanges du monde d’après 1945, monde profondément travaillé par l’émancipation des femmes et des peuples colonisés.