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Lundi 28 septembre 2026 sur RADIO FM PLUS 91fm Montpellier de 11h à 12h l’émission Traces de Lumière réalisée par Christian Malaplate est consacrée à Jean FERRAT Je ne suis qu’un cri –rediffusion de l’émission le samedi 03 octobre 2026 de 11h à 12h –vous pouvez écouter l’émission par internet et ensuite en podcast www.radiofmplus.org -
Sur ses premières années, Jean FERRAT est peu loquace et ce n’est que beaucoup plus tard qu’il évoquera quelques souvenirs d’enfance. La guerre, l’occupation et la promulgation des lois raciales par le gouvernement de Vichy vont brusquement bouleverser la vie du jeune adolescent.
Jean FERRAT confiera plus tard à Bernard PIVOT : « Un jour de 1941, ma mère m’a appelé. Il faut que je te dise quelque Chose : ton père est juif »… Puis mon père a dû porter l’étoile. Nous, on devait la porter mais on ne l’a pas fait. A commencé une période très dure pour la famille. Finalement, mon père a été arrêté un jour, sans doute dans la rue ; il a été interné plusieurs mois en France… Et puis, on n’a plus eu de nouvelles. Et on a su, des années après, qu’il avait été déporté est qu’il était mort à Auschwitz. »
Jean FERRAT explique : « Je ne suis pas un cas unique, mais cette période a été très dramatique pour ma famille, pour moi et pour la France aussi. Il y a une partie de moi qui est devenue adulte très vite. Le racisme, le nazisme, j’ai découvert ça à 11 ans. Je ne savais pas que c’était « mal » d’être juif. Sur le moment, c’est comme si on m’avait dit que j’étais Auvergnat. J’ai vite compris que ce n’était pas tout à fait pareil. Ce fut d’abord une blessure, ensuite une révolte. Je ne pourrai jamais plus tolérer le racisme sous quelque forme que ce soit. »
A propos de Nuit et brouillard Jean FERRAT : « j’ai composé cette chanson en une seule journée. » Mais elle a longtemps mûri dans la tête et le cœur du chanteur. Il demande à Jean CAYROL (l’auteur) et à Alain RESNAIS (le réalisateur) l’autorisation d’utiliser le titre de leur film sorti en 1955. Les auteurs donnent leur accord.
« Je ne voulais pas qu’une génération grandisse sans savoir ce qui avait été fait pendant la dernière guerre, et par qui et pour quoi. » En vacances en Ardèche, FERRAT s’entiche de la région et décide d’acheter une maison dans le petit village d’Antraignes-Sur-Volane. L’été 1964, entre plusieurs parties de pétanque, il assiste à la rénovation de sa maison et loge au bistrot-auberge. C’est au cours de l’été 1964 qu’il écrit La montagne, chanson qui prend acte de l’exode rural et que certains considèrent comme la première chanson écologique…
Pendant des années, FERRAT va être dans la ligne de mire de la censure gaullienne : « Moi, c’était plutôt d’origine politique. Je faisais peur ! - ça peut paraître rigolo maintenant qu’une chanson comme Potemkine fasse peur. On m’avait, à ce moment-là : « On ne peut pas la passer parce que nous sommes dans une période pré-électorale. » D’abord, en France, on est toujours dans une période pré-électorale, et puis, je ne voyais pas du tout ce que les marins du Potemkine avaient à faire avec les élections françaises. Mais ça s’est renouvelé constamment. En fait, je crois que c’étaient les gens qui étaient à la direction des télévisions et des radios qui ouvraient le parapluie. Etant donné que quelques chansons parlaient de la justice, de la liberté, des choses comme ça qu’il n’était pas tellement bon de clamer, ils avaient peur de recevoir des coups sur les doigts. Et ils disaient : « Ce type-là, tant qu’à faire, il vaut mieux ne pas le prendre. »
Pour Jean FERRAT : « Ma seule originalité, c’est d’avoir abordé des sujets que d’autres n’abordaient pas ; ou plutôt qu’on voudrait que la chanson n’abordât pas. Bien sûr, j’aime chanter l’amour et les petits oiseaux, mais pas seulement ça. » Il explique : « Je ne pense pas vraiment à faire une chanson politique, je pense à faire une chanson sur quelque chose qui me préoccupe ou qui me choque, et ça devient donc une chanson politique, puisque, évidemment, elle traduit ce que je pense, qu’elle est le reflet de la philosophie qui m’est propre. »
Au mois de mars 1969 paraît un nouvel album de Jean FERRAT. On y trouve des échos de la révolte de mai 68 dans certains titres : Au printemps de quoi rêvais-tu ? , Un jour futur, La matinée(en duo avec Christine SEVRES) et bien sûr Ma France…
Jean FERRAT était un humaniste, il ne supportait pas les injustices. Dès la fin de la guerre, il s’est engagé dans les combats pour la liberté. Cela s’est traduit dans ses chansons comme dans sa vie quotidienne. Il était un manifestant en chansons, en poèmes, en actions. Il était d’une grande fidélité à ses idées. Mélodiste hors pair, chanteur à la superbe voix grave, ambassadeur populaire de la poésie d’ARAGON. Son écriture y est mise en perspective, entre espoir et combat viscéral contre toutes les oppressions, au fil du parcours de cet amoureux de la vie, romantique et rebelle constamment censuré, qui n’aura cédé un pouce de son intégrité à qui que ce soit.