Événement

Les états du poème et les saisons de la poésie émission Traces de Lumière

Date(s)

09 novembre 2026 à 11h00

Profil de l'événement

Tout public

Gratuit

Description

Originellement, la poésie fut un outil favorisant la transmission des connaissances : elle fut à ce titre : la mémoire des peuples. Elle les a guidées également en définissant des idéaux. Elle a enfin été mise au service d’engagements politiques. Dans les cultures de tradition orale, la poésie a d’abord été un outil mnémotechnique (ce qui aide la mémoire par des procédés faciles à retenir). Quand l’écriture n’existait pas, la poésie facilitait la transmission de récits qui assuraient la cohésion de l’identité d’une communauté. Par la régularité de son rythme, par le retour de la rime ou des assonances, le vers, quelle que soit sa nature, rend la mémorisation plus aisée. C’est ainsi que se sont perpétués les mythes. Ils ont d’abord été une parole, reprise de génération en génération, avant d’être fixés par écrit. Parce qu’elle exprime les aspirations du cœur et qu’elle explore le monde des idées, la poésie s’est assigné une mission sociale et politique, notamment avec le romantisme au 19ième siècle. Dans Destinées de la poésie, Alphonse de LAMARTINE écrit : La poésie sera de la raison chantée, voilà sa destinée pour longtemps ; elle sera philosophique, religieuse, politique, sociale, comme les époques que le genre humain va accomplir. Victor HUGO, insiste, de son côté, sur la mission civilisatrice de la poésie. Celle-ci a le devoir de défendre et de répandre les idéaux de justice, de vérité et de solidarité.

De la poésie civilisatrice à la poésie engagée. Il n’y qu’un pas, que certains grands poètes ont franchi. Dans Les châtiments par exemple, Victor HUGO clame son chagrin, sa colère, son amour de la liberté et son espoir en des temps meilleurs. Au 20ième siècle, des poètes comme Paul ELUARD ou Louis ARAGON mettent leur talent poétique au service du communisme. Dans l’entre-deux-guerres, le Surréalisme se propose, par la  libération des forces de l’inconscient, de détruire l’ordre social, qu’il juge bourgeois et capitaliste. C’est la poésie pour la révolution. La résistance contre l’occupant allemand a rallié dans ses rangs des poètes dont les œuvres ont maintenu la flamme de l’espoir.

Cette poésie engagée a toujours existé. Les Discours de RONSARD plaidaient en faveur de la fin des guerres de religion qui opposèrent, dans la seconde moitié du 16ième siècle, les catholiques aux protestants. Les tragiques d’Agrippa d’AUBIGNE sont de même, un cri en faveur des protestants persécutés.

Quand elle s’affranchit des tragédies de l’Histoire, la poésie peut devenir un instrument de connaissance. Elle est source de méditation et de réflexion : elle permet chez les croyants, d’approcher l’au-delà ; pour les autres, elle est un moyen d’explorer l’inconscient.

 

 

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