Événement

Stephen Blanchard dédicace son 28ème recueil préfacé par Eric CHASSEFIERE

Poètes / Invités

Stephen BLANCHARD

Date(s)

24 janvier 2026 à 10h00

Profil de l'événement

Tout public

Gratuit

Description

Le 28ème recueil du poète Stephen BLANCHARD, Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres, préfacé par Eric CHASSEFIERE 

C’est à mettre par ses mots le lecteur dans un état d’attention à la nature et à ses trésors que s’emploie ici Stephen Blanchard, exprimant avec une grande sincérité son inquiétude pour l’avenir de notre environnement, et plus en général de l’humanité, corrompue par le pouvoir de l’argent. Le vers est concis, la forme verticale, il s’agit de s’élever au-dessus des contingences de l’époque pour faire parler le mot, celui du poème, pont vers demain, espoir toujours ravivé, car « dans les célestes sillons / de la vie / le verbe garde encore / ses trésors / pour entretenir l’ivresse cachée / d’un idéal / à fleur de peau ». Cet idéal, cet espoir, nous dit le poète, ils sont ceux de la « splendeur de vivre », ce rêve qu’il se doit, à l’écoute de la nature et du monde, de faire réalité. L’enfance, le matin, la promesse recherchée d’une éternité, une éclosion partout point sous les mots, partout le poète nous fait entendre le chant discret, et néanmoins vital, des mouvements de la nature : « la sève à mi-voix / circule / aux vents des saisons », ou encore : « Quelques forêts gardent / encore / les murmures des arbres / avec un semblant / d’humanité », dans une quête évidente de symbiose avec la terre mère. Le sort des femmes en Afghanistan, la pollution atmosphérique à Pékin, la prédation généralisée des richesses de la terre, autant d’avatars qui font douter le poète du fait même qu’il existe : « C’est l’heure des assassins / qui ont pignon / sur banque / et les yeux usés / par la valeur des bitcoins // Le chant de l’alouette / est en voie / de disparition / sous la cime / des arbres // J’existe encore ? ». Et c’est précisément dans l’incessant mouvement de l’écriture, dans ce permanent inachèvement du poème stimulant l’écoute et appelant à de nouveaux mots, de nouvelles réponses, de nouvelles questions, que le poète trouve sa raison d’exister : « Je reste / à l’écoute / des mots inachevés / dans le plain-champ / d’un poème / qui se dérobe / à mon impatience / d’être ».

 

La lassitude est grande, certes, le doute toujours présent, la souffrance du monde imprègne jusqu’aux chants de la nature : « Je m’inquiète des feuillages / dont la mélodie / me rappelle / le frissonnement / des âmes ». Le poète exprime tout au long du recueil cette lassitude proche du désespoir, mais qu’en sépare en un élan toujours renouvelé l’acte magique de l’écriture poétique, et en cela ce recueil est bien « grimoire », proposition d’enchantements par la magie du verbe, mais aussi « gris-moire », suggérant un miroitement, la naissance d’une ondulation dans la grisaille du monde d’aujourd’hui tellement déshumanisé.

 

« C’est dans le dénuement / le plus total / que l’on peut reconstruire / l’exquise soif des hommes / entre une poignée de mains / et l’avenir d’un songe » nous dit le poète, dans l’un de ses poèmes qui exprime la quête d’une filiation, d’une origine, d’un monde à reconstruire aux confins d’un désert sans frontière, en perpétuelle métamorphose, celui probablement du monde d’aujourd’hui privé de repères. Reprendre tout à la source, à la naissance du jour : « Car au commencement / était le vide / ourlé / de mille songes / lorsqu’un seul mot suffit / à l’éclat / d’un poème ». Revenir à l’innocence première, si féconde, si riche de promesses : « Lorsque dans mon petit jardin / secret / je sème / l’innocence / de mes vers sacrés / comme un veilleur de mots / en quête de songes ». Le poète se fait semeur de songes, et invite tous les poètes « À souder leur cœur / au-delà des frontières / et des intérêts / particuliers ». C’est à cette invitation que le lecteur, entrant dans le beau recueil de Stephen Blanchard, est convié à répondre.

 

Alors il faut lire ces poèmes dans un esprit de partage et de fraternité, car « Dans chaque goutte de rosée / flamboie l’amour ». Et se laisser porter par les fulgurances d’une écriture âpre et sincère, qui sans relâche dit la force de l’instant, de la « fugue de l’instant », tout particulièrement celui de début ou de fin de jour, quand tout, de n’être plus, devient possible, et que le rêve peut s’accomplir : « Seule la rosée / détisse les inquiétudes / de l’instant / dans l’infinité / d’un rêve à naître ». Goûter aussi, au fil de la lecture, les mots pour les mots, se laisser porter par leur musique, quand elle nait d’un assemblage neuf qui en fait résonner les cordes : « S’épanouir / à l’ultime / ressac d’un songe / insuffle / des nostalgies / insoumises / à la dictée du jour // C’est au dévers / des chemins de traverse / à la tombée d’un soleil couchant / qu’il faut apprendre / à écrire ». Et peut-être alors, le lecteur sentira-t-il à quel point « Tout est déjà écrit / quand chaque mot / est ganté d’encre », comme si donner aux mots matière d’encre leur conférait pouvoir non seulement d’avenir, mais aussi de passé, éternité dont seule, semble dire le poète, saura naître l’instant du poème, source de vie et d’amour.

 

Éric CHASSEFIÈRE

(Frontignan, 26 octobre 2025)

encres.vives34@gmail.com

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